Journal — Saison 15

Journal
aléatoire.

2026, saison 15. Cette année, j’ai pris une habitude : écrire chaque jour une phrase, et la laisser là. Pas de promesses, pas de programme — juste ce qui passe. Aujournuit.

Aujournuit 20/05/26

Peut-être qu’à force de les voir tomber, les humains se passeront d’idoles


Aujournuit 19/05/26

Tu verras, fillette, c’est étonnant, mais quand tu butes sur un problème, la solution est toujours de le prendre sous un autre angle


Aujournuit 18/05/26

Le soleil revient en cachette, le ciel s’excuse d’être si bleu, les nuages passent leur chemin, un brin hautains


Aujournuit 16/05/26

Tu sais, fillette, on ne le dit pas assez, au bout du compte la sincérité est toujours gagnante

Aujournuit 12/05/26

Je crois que c’est bêtement ça l’amour, ce bonheur constant de le revoir chaque matin

Aujournuit 11/05/26

Pas un nuage, juste un oiseau, on le dirait porté par cet infini de bleu

Aujournuit 10/05/26

Les grands petits bonheurs, une petite main dans ma vieille main, l’autre petite main dans la main d’un dont j’ai autrefois tenu si souvent la petite main dans la mienne, tous d’un même pas

Aujournuit 09/05/26

Repas Romain à l’auberge du village, tous ont joué le jeu, la moitié des hommes sont déguisés en César, quelques sénateurs et centurions, une Cléopâtre de 7 ans, des romaines et des gauloises blondes, un ou deux druides… dégustent des mets de l’époque, le smartphone posé à côté de l’assiette

Aujournuit 08/05/26

Une belle vue, une bonne compagnie, un rayon de soleil, pour moi ce sera un kir

Aujournuit 06/05/26

A l’Est, sous le ciel noir, les flancs de la falaise, les champs, les arbres se gorgent de soleil
allégorie des temps qui courent

Aujournuit 05/05/26

Parfois on les comprend, ces gens qui lâchent, qui blackoutent, qui ne prennent plus sur eux, qui n’assurent plus, qui se cachent sous une table ou divaguent dans les rues, qui disent : continuez sans moi je vais m’arrêter là et juste écouter les oiseaux chanter, vaquez, ne vous occupez pas de moi
on les comprend comme des frères, puis le coup de fatigue passe, on le regarde s’éloigner, on ne sait pas vraiment à quoi mais on sait qu’on y a échappé

Aujournuit 03/05/26

La poésie est partout
mais parfois difficile à trouver
la compta par exemple

Aujournuit 02/05/26

Les émerveillements du quotidien, tu ouvres ta fenêtre pour fermer les volets, en face de toi une plénitude blanche, d’une lumière à la fois pâle et vive, un cercle parfait qui charme ton âme

Aujournuit 01/05/26

Aujourd’hui c’est poésie

Dans le fond de mon croire
des voix millénaires
des êtres pas encore nés

des vieilles indiennes
surprennent d’une visite
trois paraboles deux vérités

et chacun enterre
sa propre hache de guerre


Aujournuit 28/04/26

Je n’ai jamais d’argent ni d’or sur moi au premier chant du coucou, alors à chaque fois je touche mon cœur pour avoir de l’amour toute l’année, on dirait que ça marche


Aujournuit 25/04/26

A tout âge il y a des premières fois
Cette année, c’est la première fois que je paye des impôts
Honnêtement, ça fait un peu râler (je sais quoi faire d’autre de cet argent) mais en même temps je suis bienheureuse de pouvoir rendre un peu (tout petit peu) ce que l’on m’a donné pendant tant d’années
Bilan : l’important c’est de participer


Aujournuit 24/04/26

Ce premier regard ne nous avait pas menti
Dix ans que l’on s’aime depuis six mois…