335 Dimanche


Journal aléatoire – Saison 8
That’s all Folks!

30/11/19

Compagnons de voyage impromptu,
descendant à la prochaine,
ou la suivante prochaine,
chacun dans le secret de son cœur relativise sa propre réalité.
Enfin, je crois.
Parfois un mot, une phrase, un vers, passe la carapace,
traverse à cloche pied les traverses, file sur le bon rail –
résonne intra-muros.
Parfois un mot, une phrase, un vers, réunit l’ensemble.
Pour un instant d’une fugacité inouïe. Et palpable.
C’est ce qui nous tient debout : les mots qui passent la carapace.
Enfin, je crois. (suite…)

29/11/19

 

A chacune de nos évolutions on réajuste le contenu de nos deux colonnes :
de plus en plus et de moins en moins.
Et si tout va bien faire comme on le sent
doit toujours se trouver dans la colonne de plus en plus.
Je prends de la distance avec mon écriture pour la ressourcer.
Je ne serai pas là tous les jours mais passerai de temps en temps,
en espérant que nous nous croiserons.

28/11/19


L’écriture est exigeante, elle prend tout le temps du cerveau disponible.
Même quand tu a l’air de faire autre chose.
Je prends un temps pour faire vraiment autre chose.
Je pourrais te dire comme il faut régulièrement interroger son art et qu’en ce moment je n’ai même plus de question.
Je pourrais expliquer l’intermittence de la vacance nécessaire.
Et serai peut-être plus claire demain.

27/11/19


C’est à propos du journal aléatoire, cela fait huit ans que l’on se parle tous les jours – ou presque.
Disons que j’introduis la notion de break entre nous.
Disons que la neuvième saison du journal aléatoire sera plus aléatoire que journal.
Je t’en dis davantage, demain.

26/11/19

 

Tu le sais aussi bien que moi, il y a des temps pour tout.
L’année qui vient est pour moi celle d’importants changements,
ils demandent attention et engagement.
Cela tombe en même temps qu’une profonde remise en question de l’écriture.
Coïncidence ? Je ne crois pas, non.
Je te développe, demain.

25/11/19

 

Cela fait un moment que je tourne cela dans ma tête et dans mes sentiments.
Pour te dire que c’est réfléchi et le plus sincère possible.
Pour résumer, je voudrais arrêter d’écrire sans que tu cesses de me lire.
Demain, je t’explique.

328 Dimanche

Poème au rasoir
D’après les titres du journal Libération du 17/10/2019

23/11/19

Va au plus simple
au plus léger
avec des mots nus
sans habits de fête
(suite…)

22/11/19


Si je n’écris pas (ou peu) ce qui blesse
ce n’est pas pour faire joli
c’est parce que je veux faire du bon temps

21/11/19


Si l’on passe le passé
à la conscience et la morale d’aujourd’hui
attention à ne pas mélanger les principes
et faire la part des choses
séparer les torchons de l’ivraie

20/11/19

Di dou di dou da
Pom pom pidou
L’amour, fillette
c’est un air dans la tête

19/11/19

 

Du beau, du bien, du vrai
dit le philosophe à la radio
Comme une publicité
pour l’eau
ou pour la vie
ou pour une eau de vie

18/11/19

 

La route des ocres
mène les bohémiens
vers d’autres territoires
comme peints

16/11/19

 

…/… Il n’allait pas m’expliquer ce que j’aurais dû lire et je n’allais pas lui expliquer ce que j’avais cru lire. La plupart des entretiens avec des écrivains ou des artistes sont inutiles. Ils ne font que paraphraser l’œuvre qui les suscite. Ils alimentent le bruit publicitaire et social. Par fonction, je contribuais à ce bruit. Par nature, il me dégoûtait. J’y voyais une atteinte à l’intimité, à l’autonomie du lecteur, que ne compensaient pas les informations qu’on lui donnait. Il aurait eu besoin de silence, le lecteur …/…

[Philippe Lançon in Le lambeau – Editions Gallimard]

15/11/19

 

Commencer à se rappeler
le trop chaud de l’été

14/11/19

 

Dieu est un lanceur de galets

[Bingo – 0h49]

13/11/19

 

Ce que l’on nomme gagne en existence
Ubuntu : je suis ce que je suis grâce à ce que nous sommes tous

12/11/19

 

Volatile et nocturne
silhouette découpée
en pleine pleine lune

11/11/19

 

Après un siècle et un an
cette paix nous appartient

9/11/19

Poème au rasoir
D’après les titres du journal Libération du 28/10/2019

8/11/19

 

Ils ont cru longtemps
comme à une religion
que l’herbe était plus verte
sur l’étoile voisine
Puis ils ont atterri

7/11/19

 

#Rainpower

La pluie toujours battante
ne se laisse pas découragée

6/11/19

 

Elle préfère mettre les voiles
J’espère pour elle
que c’est au féminin

5/11/19

 

#Onaunproblème*

117 prix Goncourt décernés
11 femmes

*Le problème n’est pas littéraire, il ne remet pas en cause le talent ni le mérite des lauréats.

4/11/19

 

Le monde tempête
comme enfant aux yeux ouverts
regarde ses monstres

1/11/19

 

Au ton que prend la saison
on l’aura compris
l’hiver est en chemin

30/10/19

 

La route du Ventoux
Le soleil et l’automne
Et nous comme des enfants
domptés
écarquillés
qui rouleraient dans le feu

29/10/19

 

Ce devrait être un proverbe :
simple comme l’amour

28/10/19

 

Est-ce que l’art
constate ?
combat ?
construit ?

26/10/19

 

Mes livres, je les fis pour vous, ô jeunes hommes,
Et j’ai laissé dedans,
Comme font les enfants qui mordent dans des pommes,
La marque de mes dents.

[Anna de Noailles in Offrandes]

25/10/19

 

Des fois dans la même journée,
par exemple,
vous sortez un livre
et obtenez un permis de construire.
Des fois c’est comme le premier jour de votre futur.

24/10/19

 

On ne sait rien
d’un poème
dans le cœur
de l’autre

23/10/19

 

Comme le rappel d’un vieil ami oublié,
voir soudain citer Lucien Bodard dans le roman en lecture.

22/10/21

 

Trop d’impatience
dans les mots
aujourd’hui

21/10/19

 

Le chant de l’oiseau
juste après la pluie
Déjà comme deux raretés

293 Dimanche

 

Repos

Ressourcer
le corps
et les sentiments

19/10/19

 

Tu sais je me demande si nous parlons la même langue, toi et moi. Le monde ne résonne pas de la même façon pour chacun de nous. Tu es totalement coupé du réel, tu n’as aucun des problèmes que la grande majorité des gens affrontent pour vivre jour après jour. Tu n’en as même pas l’idée. Car cela ne pourra jamais t’arriver.
– C’est toi qui es trop matérialiste.
– Bien sûr que je suis matérialiste, c’est la vie qui l’est. Je ne peux pas faire autrement.

[Aurélie Filippetti in Les idéaux – Editions Fayard]

18/10/19

 

Il va falloir retrouver la mesure,
au temps pour l’humain.

17/10/19

 

Avec de grands gestes, elle expliquait qu’il y a les écrivains de la faille et ceux de la force, mais qu’ils font tous le même métier, que cela revient au même parce que la faille est la force, et peut-être même vice-versa.
Personne ne mouftait sur le plateau.

16/10/19

 

En quelques jours
le Royaume vire aux rouges, aux orangés
On dirait que des fauves courent dans la vallée

15/10/19

 

Écrire sur ces silhouettes noires
ces fantômes de femmes dans la lumière crue
des pays en guerre

14/10/19

 

D’étourneaux peut-être
une escouade d’oiseaux
file dans le vent