Mon très cher plus vieil ami

Voilà, c’est la dernière lettre. (ou pas)
La dernière lettre, peut-être parce que je m’habitue à ton absence, peut-être parce que cela fait neuf mois que tu es mort, un cycle, un accouchement de ta disparition, peut-être parce que je sais que tu vivras en moi toujours, peut-être parce que demain c’est l’anniversaire de notre enfant (il aura l’âge que tu avais quand il est né, la vie est facétieuse), peut-être parce que c’est comme ça.
Tout ce qui a un commencement a une fin.

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En ce jour

En ce jour de « Damned, dans 4 ans j’ai 70 ans ! », un poème d’un recueil inédit « Indienne, comme l’été »

En un clin d’œil parfois
le souvenir les sensations
du temps où je possédais la science
de la marche à talons hauts
et du trait d’eye liner

Les morts restent morts
le passé tout autant
sauf quand
dans un éclair
il vient échanger quelques mots
mettre des i
sous vos points de vie

La jeune femme regarde la plus ancienne
la félicite d’être vivante et quasi entière
celle d’aujourd’hui console la débutante
(la naïve, l’apprentie, l’ignorante)
tu vois, nous sommes gaie

Mon très cher plus vieil ami

Ces derniers jours je pensais qu’il fallait que je t’écrive une dernière lettre.
Qu’il fallait que j’arrête. Que je ne devais pas te retenir.
Et puis je me suis penchée sur ce mot. Bien sûr que si, je peux te retenir. On doit retenir nos proches.
S’en souvenir.
Alors c’est ma façon, parce que tu lisais ce blog, chaque matin. Depuis ta maladie, ton attente quotidienne était une motivation à l’écrire. Je ne peux m’empêcher de penser que tu lis ces lettres.
Tu sais comme je me fiche du passé, je ne peux me souvenir qu’au présent.
Penser à toi maintenant.

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Mon très cher plus vieil ami

Tu la vois cette belle lumière dans laquelle je t’écris.
Tous les soirs le ciel rosit comme une jeune fille et la falaise se couvre d’une feuille d’or.
Tous les soirs, un instant, nous baignons dans l’irréel.
Je l’appelle comme ça, l’instant de la belle lumière.
Au quotidien.

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Mon très cher plus vieil ami

Peut-être faudrait-il que je te lâche.
Que je te laisse aller là où tu dois aller.
Ou pas.

Tu n’as qu’à me le dire.
Viens me le dire en face.

Quoi de neuf dans la stratosphère ?
Ici c’est toujours un peu la même chose, l’Histoire en marche…

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Mon très cher plus vieil ami

Quand je pense à toi en ce moment, je pense à cette chanson que nous aimons tant, Weber et moi, il fait toujours beau au-dessus des nuages
Fait-il toujours beau là où tu es ? J’ai envie de l’imaginer comme ça la mort, pour toi, comme un éternel vol plané au-dessus des nuages.
Ce n’est pas plus idiot que n’importe quelle autre croyance. Personne n’est jamais revenu nous raconter.

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