La voie est libre

 

Merci de voyager sur notre ligne,
pour les consignes de sécurité,
chacun se débrouille comme il peut,
nous ne pouvons rien garantir.
Les garçons doivent être forts,
et les filles belles.
Les vaches seront ainsi bien gardées.
Au lieu de regarder les trains passer.
Ce monde devrait tenir compte de nos larmes.
C’est le train de Cendrars,
et toujours une femme.
La petite Jehanne de France
répète inlassablement
son refrain au rythme des essieux :
Blaise, dis, sommes-nous bien loin de Montmartre ?
Elle tient son rôle dans le poème,
pute et soumise.
Les muses n’ont pas de fierté,
elles ont les bras ouverts à la pointe du bastingage.
Elles préparent le monde,
le jour où il laissera se déployer
la force des femmes.

[ La voie est libre – Avec Jean Azarel – Editions Douro]

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