Journal — Saison 15

Journal
aléatoire.

2026, saison 15. Cette année, j’ai pris une habitude : écrire chaque jour une phrase, et la laisser là. Pas de promesses, pas de programme — juste ce qui passe. Aujournuit.

Aujournuit 11/06/26

De temps en temps je joue sur mon téléphone, j’ai constaté que j’ai un réel talent pour trier des bonbons, que faire de ce don ?


Aujournuit 10/06/26

Grand petit bonheur, un apéritif sur terrasse, avec amoureux, et ciel à 180°, what else ?


Aujournuit 09/06/26

Il est des pays bien mystérieux, quand on pense que l’Autriche a donné au monde Hitler et Mozart


Aujournuit 08/06/26

Quand on a 7 ans et demi, on est poète sans le savoir, on mélange les expressions, tu me prends la tête et tu me prends le chou deviennent tu me prends la chouette


Aujournuit 07/06/26

Sous le tilleul, à côté du lavoir, une tablée villageoise, des rapaces déployés traversent la douceur du temps


Aujournuit 06/06/26

L’amour au fil des ans n’est bien sûr plus comme avant
c’est mieux, bien plus grand


Aujournuit 05/06/26

Le long de la route, les grandes herbes sous le joug du vent, saluent en sentinelles les carrosses qui passent


Aujournuit 04/06/26

Je questionne mon Ange :
– Où commence l’étrange ?
– Au commencement


Aujournuit 03/06/26

A part la neige et la nuit rien n’est noir ou blanc
nous naviguons dans des zones grises
espérant qu’il y ait de la matière


Aujournuit 02/06/26

Certains suivent les oiseaux, d’autres le vent ou leur cœur
moi je ne sais pas trop qui je suis


Aujournuit 31/05/26

Dans la jouissance
dans la douleur
vagissante vivipare
depuis que le monde est monde
les lâches et les héroïques
des empires aux bas-fonds
pas une seule exception
en chair et en sang
le plus petit os
les plus sublimes rêves
fi du mépris
du dédain
des coups et des abus
de sa propre ignorance
d’aussi loin que nous sommes
en ses entrailles
en son muscle souterrain
à même sa pulpe
sans arme ni violence
la femme créa l’homme

* Paru dans bacchanales N°70


Aujournuit 30/05/26

Les bras en croix, le corps léger, le visage seul hors de l’eau, le premier bain de l’année
dans ce silence si particulier, le ciel seul dans la visée
soudain, surgi de nulle part, perdu dans les nuages, un arc-en-ciel, comme une étrenne


Aujournuit 29/05/26

Le chaud et le froid soufflés sur les unes des journaux, sinon comment va le monde ?
Les Iraniennes ?
Les Afghanes ?


Aujournuit 28/05/26

Est-ce qu’on trouvera un nom aussi pour cet été avant l’heure, l’été indien c’est pris, je propose l’été visage pâle, ou l’été africain, ou l’été inattendu, ou l’été destroyleclimat…


Aujournuit 27/05/26

Pour essayer de les cerner, les vieux donnent des noms aux générations suivantes. A l’époque, pour la mienne, ils disaient bof génération. Même pas vrai


Aujournuit 24/05/26

On se souvient parfois des amis que l’on n’a pas revus, les chemins et le temps qui séparent, mais on se souvient


Aujournuit 23/05/26

La belle lumière mi chienne mi louve, le ballet des martinets au-dessus de la vallée, à cet instant c’est moi la femme la plus riche du monde


Aujournuit 20/05/26

Peut-être qu’à force de les voir tomber, les humains se passeront d’idoles


Aujournuit 19/05/26

Tu verras, fillette, c’est étonnant, mais quand tu butes sur un problème, la solution est toujours de le prendre sous un autre angle


Aujournuit 18/05/26

Le soleil revient en cachette, le ciel s’excuse d’être si bleu, les nuages passent leur chemin, un brin hautains