En fait


Une maison est juste une caravane
avec plus d’étoiles –
cinq au moins

Der de der


Mon très cher plus vieil ami,

T’écrire ce soir, parce que tu suis le feuilleton depuis le début, parce que tu comprends tous mes mots.
C’est ma dernière nuit dans la caravane.
Elle est joyeuse. Une porte se ferme, une autre s’ouvre, un chapitre se clôt, un autre commence, enfin tu saisis l’état d’esprit.
Je laisse de côté le fait que l’on puisse disparaître d’une seconde à l’autre, non pas par inconscience ou superstition mais pour des raisons pratiques : je veux vivre pour l’instant.
Je veux vivre cette nouvelle aventure dans ce superbe décor.
Mon amoureux a construit un palais en parpaings dans un lotissement, j’en ris toute seule.
C’est ma dernière nuit dans la caravane, j’en aime déjà la nostalgie.
Mon lendemain m’enchante.
Ma seule inquiétude est pour le chat, le transport, l’acclimatation.
J’ai le sentiment que je vais retrouver ma vie, celle où je reçois dans ma maison mes gens de coeur. C’est ce qui m’a le plus manqué.
En même temps cette autre aventure, la vie à deux de tous les jours, je crois qu’on va bien s’amuser.
Je quitte beaucoup de choses ce soir, c’est un adieu serein à la fille qui habite dans une caravane. Je passe à la poupée russe suivante.
Je te tiens au courant pour le chat.

279 – Dimanche – Lcep 2/6

Précédemment Partie 1Partie 2

6

Le temps qui suit

 

 

Des papillons s’envolent sous les pas
il y a toujours du vent dans nos cheveux
même les weekends et les jours fériés

 

 

        Cela me manquera, je le sais. Vivre dans la nature. En caravane, on habite à moitié dehors, en prise directe avec le temps qu’il fait. On adapte les occupations. On s’intéresse aux nuances du moment, au froid, au chaud, au vent. Ça donne propension à la contemplation. (suite…)

18/6/19

Dans une caravane
il faut mettre la musique bien plus fort
quand il pleut
Sinon
écouter la pluie

132 Dimanche – Lcep – Partie 2 – 1

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1
Le temps de la caravane

Pour voir ce renard
presque à portée de main
traverser le chemin
vif flamboyant
sauvage
Encore

 

                  A moins de forts vents contraires, c’est le troisième mais dernier hiver que je passe en caravane. Le dernier de ma vie entière si tout va bien. Je l’espère en tout cas. Non pas que les conditions soient insupportables, je ne me plains pas, s’il le fallait je pourrais vivre le reste de mes jours en caravane, mais s’il y a moyen de faire autrement – je préfère. Je pense chaque jour à une maison douce, claire, où la douche est simplement à l’autre bout du couloir, idem pour les toilettes – nuit et jour. L’eau chaude au lavabo. Une cuisine moderne. Disons que j’ai une partie de ce confort quand je suis chez Weber mais je rêve de pouvoir accueillir enfants, familles, amis, et lui-même, chez moi. L’envie d’un toit sur ma tête plus haut que mon bras à moitié levé, d’un vrai bureau avec un fauteuil à roulettes. L’envie de me croire à l’abri. (suite…)