238 Dimanche

Une chose peut se targuer de m’exaspérer,
débonnaire équanime, s’il en est,
je perds cependant patience face à ceux qui œuvrent au chaos.
Ou tout au moins le souhaitent.

Sans aucune conscience de sa réalité,
de ce que cela implique.
Ils espèrent un chaos qui déblaierait tout ce fatras,
table rase, on recommence,
un chaos auquel ils ne survivraient sans doute pas longtemps
s’il se trouvait hors de contrôle – ce qu’il est par essence.
Sans aucune conscience de l’incertitude qui suivrait,
de ce qui prendrait le pouvoir ensuite,
qui profiterait de cette opportunité.
Ce serait étonnant que ce soit les plus doux.

Mon exaspération vient de ce que j’ai été l’une de ceux-là,
dans une idée romantique –
le bordel était forcément joyeux –
que du chaos naîtrait un monde plus liberté, égalité, fraternité.
Un monde juste, un autre possible.
Jusqu’à ce que je comprenne l’inconscience de cette position.

Hitler est une réalité.
C’est aussi cela l’humanité.
Et dangereux de le perdre de vue.
Pour les prôneurs de renversement
qui se sentent guerriers,
c’est comme s’ils se trompaient d’ennemis.

J’ai compris que tout ce système tient tout de même la route,
que nous vivons en paix,
dans cet environnement complexe,
que tout fonctionne bon an mal an,
que nous devons en résoudre les défaillances et les aberrations (urgences : solidarités, planète),
mais que ce n’est pas si facile à gérer,
ce sont des humains qui en sont chargés,
certains sont bien pires que d’autres,
qu’on devrait plus se parler.

Travailler la tolérance,
ouvrir les yeux, les chakras,
les fenêtres, les frontières…

Qu’il faut à la fois ne rien lâcher
et lâcher prise.

Le chaos est une violence que je sens peu de personnes réellement prêtes à vivre.
En tout cas pas moi.
Je mise plutôt sur l’équilibre du féminin.
Par exemple.
Voilà qui serait un bon début pour du nouveau.
Non ?
Si ?

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