91 Dimanche

Souvent, je préfèrerais ne pas savoir, tous ces morts à pleurer.
Certains disent que le monde se délite, qu’il est devenu si violent.
Je crois que la seule différence est que maintenant nous savons.
Nous sommes noyés sous les avis de décès.
La violence se répand à travers ses propres images.
Je ne sais pas quelle part il faut donner aux choses,
la part de la conscience du monde,
la part de la présence à savourer sa vie douce.
Comment faire avec tous ces morts dans la maison ?
Avec toute cette souffrance dans les nouvelles du monde.
Je ne veux pas fermer les yeux mais je voudrais survivre au journal télévisé.
Merci, je suis au courant que je n’habite pas au pays des Bisounours.
D’où vient ce problème d’humain à se repaitre des guerres, des accidents, des déchirements, des malheurs des autres.
Bien sûr je dois savoir ces enfants que prend la mer,
bien sûr je dois savoir, la mort de cette vieille dame, cette terreur qui gronde,
bien sûr je dois savoir, même si je ne préfèrerais pas.
Mais l’accident de ski, par exemple, pourquoi dois-je l’apprendre ?
Je ne suis pas de la famille.
Je préfèrerais qu’on me raconte tous ces élans de solidarité, par exemple,
tous ces gens qui aident et sauvent d’autres gens.
Pourquoi la sensation est du côté sombre de la force ?
La beauté de l’humanité est tout aussi spectaculaire,
et si nous en étions informés
il me semble que cela mettrait une autre ambiance.
Au moins pour l’équilibre.

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