

Je recycle le Télérama de la semaine dernière


Je recycle le Télérama de la semaine dernière
La lignée depuis ma première aïeule s’arrêtera donc avec moi…
Peut-être est-ce cela qui me pousse à laisser tant de traces écrites…
L’ADN mitochondrial, ce brin d’ADN capable de voyager à travers des milliers de générations, ne se transmet que par les femmes. Que par nous. À la fécondation, l’ovule garde ses mitochondries, celles du spermatozoïde passent à la trappe. Résultat : les enfants de votre fils hériteront de la lignée de leur mère, la femme de votre fils donc, et pas de la vôtre. Le fil ne tient qu’aux filles. On rit. Jaune. En repensant à tous ces siècles où l’on scrutait le berceau en espérant « un garçon, un héritier, la suite de nous-mêmes ». Toutes ces reines répudiées faute de fils. Tous ces mariages arrangés, ces dynasties, ces guerres, ces trônes pour « perpétuer la lignée » du côté des hommes. Et pendant ce temps, le seul fil vraiment ininterrompu depuis la nuit des temps passait, de mère en fille. Ils se sont fourré le doigt dans l’œil jusqu’au coude. La lignée, c’était nous. Depuis toujours.
[Newsletter – Mesdames]
Juste la lune, juste une étoile, juste la nuit, juste nous
Au bord de la mer, spritz et tendresse, on rit de tous ces personnages traversant leur enfance, la lumière est douce, comme le sont devenus les souvenirs
Ne t’inquiète pas, Sista, tout le monde, toujours, pour une chose ou l’autre, a besoin d’être rassuré
écrire c’est appeler longtemps dans la nuit
ou le jour
c’est changer les mots en arcanes
exister à un autre endroit
un où tout se déplie autrement
écrire c’est savoir
que chaque mot touche la vie
et que si tu bouges les mots du poème
quelque chose toujours dans ta vie
se déplace
[Coralie Poch in Et je pourrais aussi être la mer – Editions L’Ail des ours]


Je recycle le Télérama de la semaine dernière
Soirée pizzas, soirée d’été, compagnie, cigales, cocktails… ventilateur
Dallas, ton univers impitoyable… fin du match
Elle n’a pas le droit d’être gendarme, prof, infirmière, aide-soignante, avocate, expert-comptable, pharmacienne, monitrice…
mais des français l’éliraient présidente de la République ?
Sérieusement ?
Les nuits rallongent mais ne refroidissent pas, Auxo a oublié de cocher l’option
on ne peut pas compter sur les dieux
L’orage, la pluie, le bonheur
Le papillon est revenu, chacun cherche ce qu’il nous dit à tourner ainsi autour de nous
Mais personne ne connaît bien le langage des papillons
même pas chat gpt
Cette chaleur nous fait loups-garous, sortant la nuit tombée


Je recycle le Télérama de la semaine dernière
Mon père n’était pas très facétieux, la petite fille a un souvenir de quelqu’un de sévère, dur, colérique mais l’adulte a compris qu’il aimait rire aussi.
Par exemple, ce geste qu’il avait souvent, la blague récurrente.
C’était à l’époque où pour s’informer, nous lisions le journal en papier. Le journal était grand pour mes mains de gamine mais j’aimais déjà lire et savoir ce qui se passe. Je le lisais tous les jours, je le tenais devant moi et tournais les pages au fur et à mesure, alors mon père passait derrière moi, prenait une serviette de table (elles étaient en tissus à l’époque) ou un torchon, le roulait en boule et l’envoyait sur le journal par-dessus mon épaule.
Le journal m’échappait brusquement des mains et je criais de surprise.
Ça le faisait rire. Moi aussi quand j’arrivais à lui jouer le même tour.
Ce soir, un papillon s’invite à la tablée, il tourne, virevolte, se pose sur l’un, sur l’autre
on dirait l’âme d’un disparu cherchant à nous rejoindre
Noter les souvenirs quand ils surgissent, avant qu’ils ne retournent dans les limbes
Comment l’air peut à la fois manquer et brûler
Tu ne sais pas quel livre, quelle série, quel film, choisir. Regarde ce que te conseille tes proches (ou moins proches). Top
ça s’appelle Sokult

Quand Benjamin Franklin signa le traité d’indépendance de l’Amérique, aurait-il pu imaginer un Trump aux commandes, 250 ans plus tard
M’est avis que Géronimo l’aurait plus facilement imaginé
Jadis, quand j’étais jeune, on disait : écoute ce morceau, maintenant on dit : écoute ce son
Et quand j’entends un morceau de ma jeunesse, c’est vrai que c’en est comme la bande son
je ne sais pas si c’était mieux avant, mais je sais que c’est plus juste maintenant
Dans le ciel du matin, la lune traîne un peu, un avion et sa trace blanche pile dans son axe.
Pierrot rentre chez lui.


Je recycle le Télérama de la semaine dernière
Dans mon travail pour manger, j’interagis avec une centaine de personnes par jour, constat de ce début de mois, peut-être la chaleur, peut-être le besoin de vacances : le monde est à fleur de peau
Le jour dans la pénombre
l’oxymore de l’été
Après plusieurs années sous terre, les voilà vivantes, pour un mois ou deux, l’arrivée des cigales donne l’ambiance, régale la Provence
Tôt le matin, dans la fraîcheur, seuls les oiseaux
et la journée prenant son envol dans l’âme paisible du monde
Ne pas avoir faim, froid, chaud, mal ; ne pas manquer d’eau, d’amour, de liberté ; ne pas être seul, malade, mort…