Fragment rural (17)


La nuit, parfois
les bêlements et clochettes
traversent le vallon
le chant des moutons

quand celui des loups
parvient de l’autre versant
le troupeau immobile
se mêle au silence

De Marseille à Tbilissi via Avignon


Tout le monde va bien ?
Ici, la saison nous réjouit
ça fleurit aux détours des chemins
ça pétille dans les ciels de nuit
on pense à vous tous les jours
c’est doux

Changer tout


Tentation
douce illusion
les humains restent humains
en toute circonstance
ma révérence
aux tentatives
d’amélioration

Fragment rural (16)


Les premières rougeurs
présagent la fin des gelées
l’hiver est parti
un coquelicot fait le printemps

Comptine calendaire


Avril avance
à couvert
tient la traîne de l’hiver
fragrance de fleurs
danse fragile
poisson docile
tient à un fil
Avril avance
en temps et en heure

 

Mon esprit est dans l’escalier (2)


On parlait de mon métier, pas mon vrai métier celui qui me nourrit le cœur et l’esprit, mais de celui qui nourrit mes petites cellules matérielles, quand j’accueille les vacanciers.
L’amie me disait que c’est normal qu’il me plaise parce que j’aime les gens.
Je me demande si j’aime vraiment les gens.
La réponse honnête est non, je n’aime pas particulièrement les gens (je parle bien sûr de ceux que je ne connais pas), en réalité j’y suis indifférente, je n’ai non plus ni jugement ni envie, cela me rend donc aimable.
Comme je n’ai rien contre eux, j’ai plaisir à les voir. Il semblerait que cela suffise pour un salaire.
Pour être tout à fait franche il y a ce détail dans mes fondations, peut-être une croyance, en tout cas un précepte, qui dit que l’autre n’est pas loin de moi. Autant lui sourire.
Il se peut que cela vienne de mon éducation sur fondements catholiques, mais peu importe, je suis d’accord avec l’idée que tout ce qui vit ne m’est pas étranger.

Pour résumer, dans l’écriture je est un autre, en dehors l’autre est presque je.

Ou pas.

 

De l’aventure


Je suis de ceux qui voyagent à s’asseoir à une autre place que la veille

 

Fragment rural (15)


L’aube à peine
le rapace plane
un chat blanc traverse la route
la nonchalance arrogante
une mésange se pose juste sous le regard
le soleil en sniper
tire le premier rayon
sur la corneille qui traverse le ciel
le cap rectiligne
seule en pleine lumière

 

Cinémotion


La panthère des neiges de Marie Amiguet et Vincent Munier
Je trouve toujours Mr Tesson un peu poseur, mais il est pardonné car il travaille sur lui-même et nous partage de grandes choses.
Les paysages et les animaux sauvages du Tibet par exemple, une magnificence.
Pour qui aime, la nature, le silence, la contemplation et la vie farouche, c’est un réel bonheur d’accompagner ces deux hommes, Sylvain Tesson et Vincent Munier, dans leur quête de la panthère des neiges, ce gros chat facétieux.
Il faut préciser que c’est Marie Amiguet qui tient la caméra.
Les images s’installent là, au coin de l’âme.