La journaliste : Résister c’est quoi en 2023 ?
L’invité : C’est résister à l’obscurantisme, aux extrêmes, à l’ambiance délétère …
Et pourtant ils zinzinulent

Simple et jouissif
Le dessin est pointilleux
tapis de pissenlits précis
herbe et jaune
aux pieds des amandiers
en fleurs minutieuses
bois, feuilles, blanc
le dessein en pointillé
les chatoiements du temps
ne durent qu’un instant
cependant libre
renouvelé
présent

Mon esprit est dans l’escalier
Je pensais en passant à ces moments où l’on se dit je n’aurais pas du
cette sensation, ce malaise mal-être
j’en ai des souvenirs cuisants
le sommeil qui ne vient pas
les versions qui tournent dans la tête
pour en revenir toujours au même point je n’aurais pas du
encore un des atouts de l’âge, cela fait longtemps que ça ne m’est pas arrivé
ou alors pour des broutilles que l’on oublie
qui n’empêchent pas de dormir
ou peut-être que l’on se pardonne plus vite
avec le temps
on s’épargne les mauvaises sensations
ou pas
Male gaze
Tu ne t’en rends pas compte
mais le monde est fabriqué avec le regard des hommes
tout se questionne
sous cet angle de vue
tu ne t’en rends pas compte
mais tu fais partie du jeu
homme ou femme
tu as été fabriqué avec le regard des hommes
c’est en profondeur
qu’il t’appartient d’accompagner le mouvement
le rétablissement
le regard des femmes
aussi
ça va bien se passer


De saison
Tu le sens aussi le printemps ?
A Marseille, à Tbilissi , à Uzès ?
A Paris, à Fuveau plage, à La Brède ?
A Bordeaux, à Belfort, à Pertuis ?
Au bord de l’Oise ?
…
Tu le sens aussi le printemps ?
la douceur dans le fond de l’air
laïho
il revient
ici, rarement de loin
Mes chers compatriotes
Nous sommes fragiles
tous autant que nous sommes, fragiles
pas d’exception malgré les apparences
Nous sommes tant d’autres choses aussi
forts, souples, inconscients
serviables
funambules qui ne tiennent qu’à un fil
et trois sauts périlleux
tout un monde en chacun
fragile comme une planète
Comptine calendaire
Mois des fous
dieu de la guerre
planète rouge
petits hommes verts
caramel chocolat
cent balles, un mois de mars
et l’on repart content
au bras de la crémière
La vie comme elle va
Trois questions que je n’avais pas imaginé poser un jour
Quand est-ce que cette guerre finira ?
Et toi, ta retraite ?
Tu as vu le sanglier blanc au bord de la route ?
De l’amour
Viens, on flamboie
De la pluie
Cette gouttelette parmi les autres
sous la rambarde du balcon
tenant à rien
dessinant une dentelle
éphémère
quand le soleil reviendra
comme il revient toujours
parée d’un arc-en-ciel
elle s’évaporera
peut-être heureuse
de sa belle vie
La vie moderne
Trois choses que l’on n’aurait jamais imaginé dire un jour
Tu veux combien ?… voilà c’est sur ton compte
Je l’ai appelé ce matin, il avait bonne mine
Attends, j’éteins mon livre