Rendez-vous


Deux livres la même année
ça ne m’était encore jamais arrivé
des univers parallèles
qui se répondent peut-être

Bientôt La voie est libre
avec Jean Azarel
aux éditions Douro
dans la collection La diagonale de l’écrivain (j’aime bien)

Un extrait par ICI

Ce me semble (2)


La poésie se nourrit de tout ce qu’elle
vit
voit
partage

(les poètes aussi mais pas que)

 

Ce me semble


On se connaît de mieux en mieux
mais on se surprend toujours

De l’instant


Cela faisait longtemps
il était tard, du vin sur la table, la nuit autour
on débriefait les évènements du jour
on venait d’en passer trois nourris de mots, d’images, de musique
on était bien d’être ensemble
quelques uns
comme avant
dans le monde d’après

on s’y serrait les coudes
à la poésie

Métro dodo


Si vous vous laissez faire, trois fois rien parfois vous ravitaille en joie.
Dans ce Royaume fréquenté par les touristes du monde entier, sur nos petites routes de campagne, il arrive que l’on se traîne derrière un camping car.
C’est ton travail les vacances des autres, tu voudrais juste rentrer chez toi après le boulot, heigh-ho, heigh-ho.
Tu te déportes de temps en temps pour voir s’il y a des possibilités de dépassement mais les routes sont étroites et sinueuses, sans compter les champs de coquelicots qui te distraient.
Quand le camping car arrive dans la ligne droite près du carrefour d’Apt, il allume son clignotant droit pour te signifier que la voie est libre. Tu le doubles et le remercies avec tes feux de détresse, il te répond par un léger appel de phares.
Un instant de courtoisie entre inconnus, c’est rien ou pas ?

Du Luberon


Chaque année la migration
des champs de coquelicots
le retour des papillons blancs
l’éclat soudain des verts et du ciel

à chaque saison
découverte et souvenir
s’entremêlent, se juxtaposent
s’émerveillent, se renouvellent

ici aussi le jour charrie
les noirceurs du monde
mais aujourd’hui je ne peux pas
j’ai printemps

De la conversation


Nadine Trintigant à la radio, une voix de vieille dame confie sa vie d’une incroyable richesse, elle dit quelque chose que j’entends depuis toujours, l’inspiration créative que peut donner la douleur, je comprends bien ce qu’elle dit : le bonheur ne se raconte pas, il se vit. Je reste persuadée du contraire, que le bonheur se raconte aussi, qu’il peut avoir tout autant de puissance dans l’art, que c’est juste notre regard…

Au comptoir


– Tu fais quoi comme boulot ?
– Je ne travaille pas, ça prend trop de temps.
– Et comment tu fais pour vivre ?
– J’inspire et j’expire.


Fin avril
Martinets
Tissent rets
Sans un fil

Ciel de cils
Cris en traits
Fin avril
Martinets

C’est leur style
Coup de fouet
Qui défait
Chaque ville
Fin avril

[Jacques Moulin in Terre à ciel]

Du printemps


Le pas soudain plus léger
sans raison
si ce n’est
le cycle des lumières

De l’écriture


Lire le texte quelques années plus tard
y déceler les faiblesses
se surprendre à ses forces

Mémo perso (5)


3 choses mieux

Laisser la nuit porter conseil
être gentil avec soi
ranger sa chambre

De la vie et de le temps


Quelques années que l’on ne s’est pas vus
je vois dans ses yeux
mon coup de vieux
l’accuser moi aussi
puis pour désamorcer
en rire avec ceux que j’aime