Ce texte là tu ne le liras pas, je le poste quand même
et puis qui sait…

Alors, tu es mort ?
D’accord, on ne peut pas dire que c’est une surprise
mais c’est une réalité
que je n’arrive pas à bien comprendre
je crois que ça veut dire qu’on ne parlera plus, qu’on ne rira plus ensemble
si j’ai bien saisi tu n’es plus là
tu es parti fumer un calumet avec Djah

Je sais bien que c’est le mektoub de tous
mais pas sûr qu’il y en ai beaucoup qui laissent un souvenir si doux à tous ceux qui l’ont rencontré
il n’existe pas une mouche sur cette Terre à qui tu aurais fait du mal
tout le monde le dit et pas seulement parce que tu es mort
ta philosophie, ton humanité, ta générosité, ton amour, ton humour
ton accueil de chacun
ta liberté
et l’incroyable bleu de tes yeux
je te vois jouer la candeur : quoi mes yeux ? qu’est-ce qu’ils ont mes yeux ?

Je garde quelques phrases, les refrains de tes chansons
qui peuvent servir en bien des circonstances :
il faut dédramatiser
personne n’appartient à personne
chacun sa route
J’ai beau dédramatiser
ma peine est immense
tu laisses un terrible vide
pardonne notre tristesse

Pour nous consoler
on a ta vie que tu as beaucoup aimée
et bien vécue
ta classe d’être allé
fidèle à toi-même
jusqu’à 85 balais
et tous nos souvenirs avec toi
comme la fois où tu m’as oubliée dans une boîte de nuit, d’accord il y a 47 ans, mais quand même… (private joke)
et tous nos souvenirs de toi
comme ta façon de t’absenter, de te mettre à rêver (on l’a tous compris, c’était riche à l’intérieur de toi)
comme l’heure où tu commençais à parler anglais (avec l’accent d’un chauffeur de taxi pakistanais)
il faudrait quelques tomes pour te raconter

Merci Hives
merci de toi
de ta magie
de ton héritage
merci du merveilleux enfant et de toute la suite
de la famille, de la tribu
merci de faire partie de ma vie
de nos vies
pour toujours