Le hasard fait que cet été amène à la maison plusieurs amis pas vus depuis quelques années
nous avons tous vieilli
je suis émue de les voir chausser leurs lunettes
attendrie par les rides nouvelles
les mèches blanches
l’indolence naissante de la chair
nous sommes encore là
des décennies après notre première rencontre
tous ces verres bus ensemble
ces soirées joyeuses
tissent une vie
tissent nos vies
je remercie
Chaque jour l’orage
sous les fracas
à travers les éclairs
des percées de soleil
entre les nuages noirs
l’or et la rage
Quelques années que l’on ne s’est pas vus
je vois dans ses yeux
mon coup de vieux
l’accuser moi aussi
puis pour désamorcer
en rire avec ceux que j’aime
La vie c’est l’air
l’air que l’on respire
l’air de rien
qu’on expire
la vie stellaire
des fois se poser sur l’aire de repos
prendre le temps d’apprendre
attendre de voir de quoi ça à l’air
d’autres fois soi
change d’air
et tout autour de soi
change d’ère
comprendre que l’on entre
dans un autre temps