Aujournuit 08/07/26

Mon père n’était pas très facétieux, la petite fille a un souvenir de quelqu’un de sévère, dur, colérique mais l’adulte a compris qu’il aimait rire aussi.
Par exemple, ce geste qu’il avait souvent, la blague récurrente.
C’était à l’époque où pour s’informer, nous lisions le journal en papier. Le journal était grand pour mes mains de gamine mais j’aimais déjà lire et savoir ce qui se passe. Je le lisais tous les jours, je le tenais devant moi et tournais les pages au fur et à mesure, alors mon père passait derrière moi, prenait une serviette de table (elles étaient en tissus à l’époque) ou un torchon, le roulait en boule et l’envoyait sur le journal par-dessus mon épaule.
Le journal m’échappait brusquement des mains et je criais de surprise.
Ça le faisait rire. Moi aussi quand j’arrivais à lui jouer le même tour.