Un dimanche matin

Mon cher Tonton Reporter,

J’ai le sentiment que nous sommes tous ébahis par ce qu’on appelle la fuite du temps, est-ce encore un cliché quand les mots sont si justes qu’on n’arrive pas à le dire autrement ? Cela fait bien longtemps que l’on ne s’est pas donné de nouvelles mais c’est le propre de l’amitié de se contrefoutre de la fuite du temps.
J’ai plaisir à voler quelques minutes pour t’écrire, minutes volées aux contraintes, celles du travail, de l’aménagement, de la chaleur.
Fait-il aussi chaud chez toi ? Le jour qui pèse ? Il n’y a que l’eau, on se relève plusieurs fois dans la nuit prendre une douche, se recoucher sans s’essuyer pour avoir presque froid. Je suis encore émerveillée de cette salle de bains royale à portée de pas après ces six années en caravane sans eau.

Je t’écris de la terrasse, aux petites heures du matin, quand il fait encore un peu frais, le soleil encore doux, le ciel pas encore électrique, bleu ciel sur la falaise et le Luberon, les oiseaux éveillés, les cigales pas encore. Le chat déjà parti, elle passe la journée je ne sais où, elle a du trouver un coin au frais, elle revient le soir, parfois on ne la voit pas de quelques jours, mais elle sait que c’est sa nouvelle maison.
La famille va bien, le Papé retrouve sa voix, le Voyageur est toujours en Géorgie, bien trop près de la Russie à mon goût, il travaille beaucoup, digitale nomade comme on les appelle, ensuite il ira au Canada. L’auberge de jeunesse où il séjourne est pleine de jeunes russes fuyant l’enrôlement (je reçois les nouvelles du monde par des voies détournées). Le Taquin se la joue tranquille, il a la clim, je crois qu’il ne sort de chez lui qu’à la nuit tombée, pour faire la fête. Quant au Grand et sa douce, ils poursuivent, lumineux. Notre petite merveille danse sur les toits de Marseille. Comment va la vôtre ? Quel genre de Papy es-tu ?
Nous n’avons pas encore vu les amis, reçu personne, depuis que nous avons emménagé, l’installation prend du temps, ralentie par le contexte, mais nous espérons être prêt pour mon anniversaire. Un premier repas à la Saint Amour, je trouverais cela de bon augure.
Je découvre à quel point Weber est attaché aux détails, sa puissance est de penser à tout, rien ne se pose dans la maison sans qu’il n’en ait étudié la fonction dans tous ses usages.
Il développe mon côté sapiosexuelle.
Moi je suis moins exigeante, je suis encore épatée par le confort de la maison : les sanitaires, la cuisine comme dans les films…
Tu nous avais dit passer nous voir en septembre dernier, ton retard commence à être un peu long.
Donne-moi des nouvelles, ne nous laissons pas dépasser par la fuite du temps.
Vie douce à vous deux.

Mon cher Tonton Reporter,

J’ai le sentiment que nous sommes tous ébahis par ce qu’on appelle la fuite du temps, est-ce encore un cliché quand les mots sont si justes qu’on n’arrive pas à le dire autrement ? Cela fait bien longtemps que l’on ne s’est pas donné de nouvelles mais c’est le propre de l’amitié de se contrefoutre de la fuite du temps.
J’ai plaisir à voler quelques minutes pour t’écrire, minutes volées aux contraintes, celles du travail, de l’aménagement, de la chaleur.
Fait-il aussi chaud chez toi ? Le jour qui pèse ? Il n’y a que l’eau, on se relève plusieurs fois dans la nuit prendre une douche, se recoucher sans s’essuyer pour avoir presque froid. Je suis encore émerveillée de cette salle de bains royale à portée de pas après ces six années en caravane sans eau.
Je t’écris de la terrasse, aux petites heures du matin, quand il fait encore un peu frais, le soleil encore doux, le ciel pas encore électrique, bleu ciel sur la falaise et le Luberon, les oiseaux éveillés, les cigales pas encore. Le chat déjà parti, elle passe la journée je ne sais où, elle a du trouver un coin au frais, elle revient le soir, parfois on le voit pas de quelques jours, mais elle sait que c’est sa nouvelle maison.
La famille va bien, le Papé retrouve sa voix, le Voyageur est toujours en Géorgie, bien trop près de la Russie à mon goût, il travaille beaucoup, digitale nomade comme on les appelle, ensuite il ira au Canada. L’auberge de jeunesse où il séjourne est pleine de jeunes russes fuyant l’enrôlement (je reçois les nouvelles du monde par des voies détournées). Le Taquin se la joue tranquille, il a la clim, je crois qu’il ne sort de chez lui qu’à la nuit tombée, pour faire la fête. Quant au Grand et sa douce, ils poursuivent, lumineux. Notre petite merveille danse sur les toits de Marseille. Comment va la vôtre ? Quel genre de Papy es-tu ?
Nous n’avons pas encore vu les amis, reçu personne, depuis que nous avons emménagé, l’installation prend du temps, ralentie par le contexte, mais nous espérons être prêt pour mon anniversaire. Un premier repas à la Saint Amour, je trouverais cela de bon augure.
Je découvre à quel point Weber est attaché aux détails, sa puissance est de penser à tout, rien ne se pose dans la maison sans qu’il n’en ait étudié la fonction dans tous ses usages.
Il développe mon côté sapiosexuelle.
Moi je suis moins exigeante, je suis encore épatée par le confort de la maison : les sanitaires, la cuisine comme dans les films…
Tu nous avais dit passer nous voir en septembre dernier, ton retard commence à être un peu long.
Donne-moi des nouvelles, ne nous laissons pas dépasser par la fuite du temps.
Vie douce à vous deux.

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