S’asseoir sur les marches – 1
Écrire c’est partager votre vision du monde
Mais personne ne vous a rien demandé
vous ne pouvez échapper au sentiment d’inutilité (suite…)
Des fantômes de femmes
Des fantômes de femmes
silhouettes noires identiques
fondues dans leurs tissés
d’ombre et de néant
Des fantômes de femmes
mirages des déserts
comme poudre d’or
estompées
Danse des corps absents
des femmes oubliées
sous les jets des pierres
Une mélopée en sourdine
voile d’un même geste
ma propre liberté
[Paru dans le N° 27 des Chroniques poétiques. Merci à Alain Eludut]
De Provence
L’éclat violet
d’un champ de fleurs d’améthyste
fragrance lavande
Et de belle facture
Dans le commerce
entre toi et moi
l’amour est TTC
Et après ?
Elle ne voit plus les mêmes choses
Dans celle dont ils se gaussent
qu’ils jugent
qu’ils méprisent
qu’ils condamnent
sans sommation
elle voit une femme libre
Fragment hôtelier 7
Des vies qui défilent
avec leurs bagages
Le peu que l’on en devine
Dans la fumée d’un soir je me disais (4)
Nous avons tous les yeux plus gros
que le cœur des autres
Murmures dans l’oreillette
Être dans la nature ainsi qu’un arbre humain,
Étendre ses désirs comme un profond feuillage,
Et sentir, par la nuit paisible et par l’orage,
La sève universelle affluer dans ses mains.
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Dans la fumée d’un soir je me disais (3)
Que serions-nous sans la musique
J’en connais plus d’un qui ne sauraient pas comment vivre
Vous pouvez répéter la question ? 13

Fragment hôtelier 6
Au premier coup d’œil on voit ceux qui s’aiment
ça fait sourire tout autour d’eux
Le débat télé de la mairie de Paris
Trois femmes sur le plateau
deux autres aux questions
L’avènement de l’avenir de l’homme
Fragment hôtelier 5
Un petit moment
quelques mots échangés
des courtoisies de la vie
des histoires du réel
Aujourd’hui
un couple de boulangers du Limousin
le petit commerce a bien marché pendant le confinement
après, tout est redevenu comme avant
Murmures dans l’oreillette
A chaque fois, quand il lui glisse qu’il l’aime, elle fait le plein de carburant. Et c’est comme si sa vie redémarrait.
[Isabelle Flaten in Se taire ou pas – Editions le Réalgar]