Des fantômes de femmes

Des fantômes de femmes
silhouettes noires identiques
fondues dans leurs tissés
d’ombre et de néant

Des fantômes de femmes
mirages des déserts
comme poudre d’or
estompées

Danse des corps absents
des femmes oubliées
sous les jets des pierres

Une mélopée en sourdine
voile d’un même geste
ma propre liberté

[Paru dans le N° 27 des Chroniques poétiques. Merci à Alain Eludut]

De Provence

L’éclat violet
d’un champ de fleurs d’améthyste
fragrance lavande

Et après ?

Elle ne voit plus les mêmes choses

Dans celle dont ils se gaussent
qu’ils jugent
qu’ils méprisent
qu’ils condamnent
sans sommation
elle voit une femme libre

Murmures dans l’oreillette

Être dans la nature ainsi qu’un arbre humain,
Étendre ses désirs comme un profond feuillage,
Et sentir, par la nuit paisible et par l’orage,
La sève universelle affluer dans ses mains.
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Fragment hôtelier 6

Au premier coup d’œil on voit ceux qui s’aiment
ça fait sourire tout autour d’eux

Fragment hôtelier 5

Un petit moment
quelques mots échangés
des courtoisies de la vie
des histoires du réel
Aujourd’hui
un couple de boulangers du Limousin
le petit commerce a bien marché pendant le confinement
après, tout est redevenu comme avant

Murmures dans l’oreillette

A chaque fois, quand il lui glisse qu’il l’aime, elle fait le plein de carburant. Et c’est comme si sa vie redémarrait.

[Isabelle Flaten in Se taire ou pas – Editions le Réalgar]