

Je recycle le Télérama de la semaine dernière


Je recycle le Télérama de la semaine dernière
Le long de la route, les grandes herbes sous le joug du vent, saluent en sentinelles les carrosses qui passent
Je questionne mon Ange :
– Où commence l’étrange ?
– Au commencement
A part la neige et la nuit rien n’est noir ou blanc
nous naviguons dans des zones grises
espérant qu’il y ait de la matière


Je recycle le Télérama de la semaine dernière
Certains suivent les oiseaux, d’autres le vent ou leur cœur
moi je ne sais pas trop qui je suis
Parfois le lundi, ça va comme un mardi
Dans la jouissance
dans la douleur
vagissante vivipare
depuis que le monde est monde
les lâches et les héroïques
des empires aux bas-fonds
pas une seule exception
en chair et en sang
le plus petit os
les plus sublimes rêves
fi du mépris
du dédain
des coups et des abus
de sa propre ignorance
d’aussi loin que nous sommes
en ses entrailles
en son muscle souterrain
à même sa pulpe
sans arme ni violence
la femme créa l’homme
* Paru dans bacchanales N°70
Les bras en croix, le corps léger, le visage seul hors de l’eau, le premier bain de l’année
dans ce silence si particulier, le ciel seul dans la visée
soudain, surgi de nulle part, perdu dans les nuages, un arc-en-ciel, comme une étrenne
Le chaud et le froid soufflés sur les unes des journaux, sinon comment va le monde ?
Les Iraniennes ?
Les Afghanes ?
Est-ce qu’on trouvera un nom aussi pour cet été avant l’heure, l’été indien c’est pris, je propose l’été visage pâle, ou l’été africain, ou l’été inattendu, ou l’été destroyleclimat…
Pour essayer de les cerner, les vieux donnent des noms aux générations suivantes. A l’époque, pour la mienne, ils disaient bof génération. Même pas vrai
L’oiseau danse sur le muret, partenaire de son ombre


Je recycle le Télérama de la semaine dernière
Comme un oubli, une moitié de lune dans le ciel du jour
On se souvient parfois des amis que l’on n’a pas revus, les chemins et le temps qui séparent, mais on se souvient
La belle lumière mi chienne mi louve, le ballet des martinets au-dessus de la vallée, à cet instant c’est moi la femme la plus riche du monde
Contempler le chat contemplatif, mise en abyme de la sérénité
A peine la nuit finie, le coucou fanfaronne


Je recycle le Télérama de la semaine dernière
Peut-être qu’à force de les voir tomber, les humains se passeront d’idoles
Tu verras, fillette, c’est étonnant, mais quand tu butes sur un problème, la solution est toujours de le prendre sous un autre angle
Le soleil revient en cachette, le ciel s’excuse d’être si bleu, les nuages passent leur chemin, un brin hautains
Beauté et vanité sur tapis rouge, qui tombera à l’eau ?
Tu sais, fillette, on ne le dit pas assez, au bout du compte la sincérité est toujours gagnante
La vie est dure. Manquerait plus qu’elle soit molle
[Jacques Higelin]
Chaque jour, mes pensées atterrées aux servantes écarlates de Kaboul
Douleurs du matin varient, bien fol est qui s’y fie
Je crois que c’est bêtement ça l’amour, ce bonheur constant de le revoir chaque matin
Pas un nuage, juste un oiseau, on le dirait porté par cet infini de bleu