Journal aléatoire saison 11

Du 8 mars


Je fais partie de ces femmes qui n’ont pas été prévenues
seules à ce premier jour
de douleur
et de sang
forgées dans la peur
secrètes à tout jamais

[Recueil en cours]

La vie est la vie


La guerre dans le village voisin
des enfants tués
c’est ça la guerre

le jour ici
ressemble pourtant à celui d’hier
les gestes identiques
le ciel de ce bleu absolu

si ce n’est cette ombre sourde
cette incommensurable tristesse

Au printemps, on sort les poètes


Grand plaisir à se voir, se retrouver, je serai avec les éditions la Boucherie littéraire :

 

Les 12 et 13 mars à Villefranche-sur-Saône (69)

Merci à la librairie des Marais pour l’invitation

*

Le dimanche 20 mars à Oppède-le-Vieux (84)

à partir de 14h (infos à suivre)

Aux Jardins partagés  

Merci à Giacomina Dussol

*

Le samedi 2 avril à Aups (83)

Merci à la librairie Caractères Libres

De l’époque


Devant les perspectives terrifiantes qui s’ouvrent à l’humanité, nous apercevons encore mieux que la paix est le seul combat qui vaille d’être mené. Ce n’est plus une prière, mais un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l’ordre de choisir définitivement entre l’enfer et la raison.

Albert Camus

De l’adaptation


On se regarde
le monde de nos débuts
disparu à jamais
en quête de notre légèreté

On se regarde
présents du siècle nouveau
dans sa jeunesse
hésitant ses repères

On se regarde
étonnés comme à l’enfance
disposés à l’audace
du jour qui vient

De l’écriture


Toujours vive l’émotion du livre entre les mains

à chaque fois une première fois

Le lire avec les yeux des autres

De l’image


Ce char qui passe à côté d’un manège vide d’enfants

De l’air du temps


Monsieur Putin
vous n’y arriverez pas
vous êtes d’un autre temps
périmé
vos instincts belliqueux
datent de la préhistoire
vous n’y arriverez pas
nous sommes tous reliés
maintenant
les femmes plus puissantes
maintenant
vous n’y arriverez pas
le monde entier écrit une autre histoire

De la parabole


Parfois je me sens comme ce type qui croise la vie en pause cigarette à l’arrière d’un bar
elle est adossée au mur, elle tire sur son mégot, le type est surpris :
– Tu fumes, la vie ?
et elle, les yeux dans les yeux :
– Je ne vois pas pourquoi tu dis ça.

3 fois rien


Le rayon de soleil sur le pelage du chat à la fenêtre
un sourire à la caisse
trouver ce qu’il faut dire

De l’air du temps


Se heurter de tous côtés au prêt-à-penser
aux sectarismes de tous bords
tenter de garder esprit ouvert
et bienveillance
Regretter Jean-Pierre Bacri

Bonus