Journal aléatoire saison 12
Comptine calendaire
Avril avance
à couvert
tient la traîne de l’hiver
fragrance de fleurs
danse fragile
poisson docile
tient à un fil
Avril avance
en temps et en heure
Mon esprit est dans l’escalier (2)
On parlait de mon métier, pas mon vrai métier celui qui me nourrit le cœur et l’esprit, mais de celui qui nourrit mes petites cellules matérielles, quand j’accueille les vacanciers.
L’amie me disait que c’est normal qu’il me plaise parce que j’aime les gens.
Je me demande si j’aime vraiment les gens.
La réponse honnête est non, je n’aime pas particulièrement les gens (je parle bien sûr de ceux que je ne connais pas), en réalité j’y suis indifférente, je n’ai non plus ni jugement ni envie, cela me rend donc aimable.
Comme je n’ai rien contre eux, j’ai plaisir à les voir. Il semblerait que cela suffise pour un salaire.
Pour être tout à fait franche il y a ce détail dans mes fondations, peut-être une croyance, en tout cas un précepte, qui dit que l’autre n’est pas loin de moi. Autant lui sourire.
Il se peut que cela vienne de mon éducation sur fondements catholiques, mais peu importe, je suis d’accord avec l’idée que tout ce qui vit ne m’est pas étranger.
Pour résumer, dans l’écriture je est un autre, en dehors l’autre est presque je.
Ou pas.
De l’aventure
Je suis de ceux qui voyagent à s’asseoir à une autre place que la veille
Fragment rural (15)
L’aube à peine
le rapace plane
un chat blanc traverse la route
la nonchalance arrogante
une mésange se pose juste sous le regard
le soleil en sniper
tire le premier rayon
sur la corneille qui traverse le ciel
le cap rectiligne
seule en pleine lumière
Cinémotion
La panthère des neiges de Marie Amiguet et Vincent Munier
Je trouve toujours Mr Tesson un peu poseur, mais il est pardonné car il travaille sur lui-même et nous partage de grandes choses.
Les paysages et les animaux sauvages du Tibet par exemple, une magnificence.
Pour qui aime, la nature, le silence, la contemplation et la vie farouche, c’est un réel bonheur d’accompagner ces deux hommes, Sylvain Tesson et Vincent Munier, dans leur quête de la panthère des neiges, ce gros chat facétieux.
Il faut préciser que c’est Marie Amiguet qui tient la caméra.
Les images s’installent là, au coin de l’âme.
Pas mieux
La journaliste : Résister c’est quoi en 2023 ?
L’invité : C’est résister à l’obscurantisme, aux extrêmes, à l’ambiance délétère …
Et pourtant ils zinzinulent

Simple et jouissif
Le dessin est pointilleux
tapis de pissenlits précis
herbe et jaune
aux pieds des amandiers
en fleurs minutieuses
bois, feuilles, blanc
le dessein en pointillé
les chatoiements du temps
ne durent qu’un instant
cependant libre
renouvelé
présent

Mon esprit est dans l’escalier
Je pensais en passant à ces moments où l’on se dit je n’aurais pas du
cette sensation, ce malaise mal-être
j’en ai des souvenirs cuisants
le sommeil qui ne vient pas
les versions qui tournent dans la tête
pour en revenir toujours au même point je n’aurais pas du
encore un des atouts de l’âge, cela fait longtemps que ça ne m’est pas arrivé
ou alors pour des broutilles que l’on oublie
qui n’empêchent pas de dormir
ou peut-être que l’on se pardonne plus vite
avec le temps
on s’épargne les mauvaises sensations
ou pas
Male gaze
Tu ne t’en rends pas compte
mais le monde est fabriqué avec le regard des hommes
tout se questionne
sous cet angle de vue
tu ne t’en rends pas compte
mais tu fais partie du jeu
homme ou femme
tu as été fabriqué avec le regard des hommes
c’est en profondeur
qu’il t’appartient d’accompagner le mouvement
le rétablissement
le regard des femmes
aussi
ça va bien se passer


De saison
Tu le sens aussi le printemps ?
A Marseille, à Tbilissi , à Uzès ?
A Paris, à Fuveau plage, à La Brède ?
A Bordeaux, à Belfort, à Pertuis ?
Au bord de l’Oise ?
…
Tu le sens aussi le printemps ?
la douceur dans le fond de l’air
laïho
il revient
ici, rarement de loin
Mes chers compatriotes
Nous sommes fragiles
tous autant que nous sommes, fragiles
pas d’exception malgré les apparences
Nous sommes tant d’autres choses aussi
forts, souples, inconscients
serviables
funambules qui ne tiennent qu’à un fil
et trois sauts périlleux
tout un monde en chacun
fragile comme une planète
Bonus