Journal aléatoire saison 11
Métro dodo
Si vous vous laissez faire, trois fois rien parfois vous ravitaille en joie.
Dans ce Royaume fréquenté par les touristes du monde entier, sur nos petites routes de campagne, il arrive que l’on se traîne derrière un camping car.
C’est ton travail les vacances des autres, tu voudrais juste rentrer chez toi après le boulot, heigh-ho, heigh-ho.
Tu te déportes de temps en temps pour voir s’il y a des possibilités de dépassement mais les routes sont étroites et sinueuses, sans compter les champs de coquelicots qui te distraient.
Quand le camping car arrive dans la ligne droite près du carrefour d’Apt, il allume son clignotant droit pour te signifier que la voie est libre. Tu le doubles et le remercies avec tes feux de détresse, il te répond par un léger appel de phares.
Un instant de courtoisie entre inconnus, c’est rien ou pas ?
Du Luberon
Chaque année la migration
des champs de coquelicots
le retour des papillons blancs
l’éclat soudain des verts et du ciel
à chaque saison
découverte et souvenir
s’entremêlent, se juxtaposent
s’émerveillent, se renouvellent
ici aussi le jour charrie
les noirceurs du monde
mais aujourd’hui je ne peux pas
j’ai printemps
Rendez-vous
A l’Orange bleue d’Orange, aujourd’hui c’est poésie
De la conversation
Nadine Trintigant à la radio, une voix de vieille dame confie sa vie d’une incroyable richesse, elle dit quelque chose que j’entends depuis toujours, l’inspiration créative que peut donner la douleur, je comprends bien ce qu’elle dit : le bonheur ne se raconte pas, il se vit. Je reste persuadée du contraire, que le bonheur se raconte aussi, qu’il peut avoir tout autant de puissance dans l’art, que c’est juste notre regard…
Au comptoir
– Tu fais quoi comme boulot ?
– Je ne travaille pas, ça prend trop de temps.
– Et comment tu fais pour vivre ?
– J’inspire et j’expire.
A chacun son théâtre
Fin avril
Martinets
Tissent rets
Sans un fil
Ciel de cils
Cris en traits
Fin avril
Martinets
C’est leur style
Coup de fouet
Qui défait
Chaque ville
Fin avril
[Jacques Moulin in Terre à ciel]
Du printemps
Le pas soudain plus léger
sans raison
si ce n’est
le cycle des lumières
De l’écriture
Lire le texte quelques années plus tard
y déceler les faiblesses
se surprendre à ses forces
Mémo perso (5)
3 choses mieux
Laisser la nuit porter conseil
être gentil avec soi
ranger sa chambre
De la vie et de le temps
Quelques années que l’on ne s’est pas vus
je vois dans ses yeux
mon coup de vieux
l’accuser moi aussi
puis pour désamorcer
en rire avec ceux que j’aime
De la clarté des choses

Bonheur sur tout l’univers (9)
Si le monde connaissait
la puissance
dans le rire
d’une petite fille
il n’aurait pas d’autre but
De la cabane en parpaings
Enfin, porte et hublots ouverts
on peut penser l’hiver fini
c’était bien le dernier dans la caravane
la maison est là lire plus…
Mémo perso (4)
3 choses dont il faut se méfier
les certitudes
le dernier verre
les amertumes
Bonus

