Fragment de camping (13)


Il y en a peu mais je les reconnais à la première phrase, il traîne toujours une intonation, l’accent de mon enfance.
J’ouvre l’onglet contact et je regarde d’où ils viennent.
A tous les coups, ils sont voisins de chez moi.
– Moi aussi je suis Franc-comtoise.
Et nous discutons, de notre contrée, des villages que l’on connaît.
De tout ce que j’ai quitté il y a quarante ans, par hasard, pour un ciel bleu, une lumière sans pareil, un rythme qui me va, un autre peuple. lire plus…

Les poèmes du Voyageur

 

Ce soir
d’un vieux Côtes-du-Rhône vivant
m’honorant de ses dernières confidences
le voile de soie tannique
et la quiétude
tapissent
l’amertume des tourments
du fond de la gorge
me confiant
de ne pas m’inquiéter
la vie c’est fascinant
on finit toujours par devenir
la raclure
que l’on détestait
Lorsque la mort
me sortira de sa cave pour son festin
pourvu que ces quelques poèmes
polis par le temps
adoucissent aussi
la poitrine
d’un fils de pute de mon espèce

De l’amour et de l’inavouable


Je me lève la première
il apparaît quelques heures plus tard
Chaque matin
me vient à l’esprit cette chanson un peu ridicule
« tout l’amour que j’ai pour toi… »
Je n’ai pas encore osé lui dire

Même pour le simple envol d’un papillon
Tout le ciel est nécessaire

Paul claudel

Cette fin de juillet

 

Mon très cher plus vieil ami,

Cela fait longtemps que je ne t’ai pas écrit.
Tu sais, toi mieux que quiconque, comment passent les jours et comment ne pas donner de nouvelles n’est pas une absence.
Je grignote du temps au travail alimentaire, à la chaleur, à la paresse, pour te distraire et pour mon plaisir à t’écrire.
Que pendant quelques lignes, tu oublies ta grande fatigue. lire plus…

Laisser passer la chaleur et la saison des touristes
vacance d’écriture
on se retrouve à l’automne

Passez de temps en temps, vous savez bien, je le crois à chaque fois, mais je ne tiendrai pas tout ce temps sans vous écrire
Vie douce à tous et à chacun

De la jeunesse


René Max Well de la médiathèque de Cavaillon avait posté le projet sur Facebook : une exposition ayant pour thème le studio d’enregistrement d’Hérouville.
Je me sens concernée quand on parle du studio d’Hérouville, je n’y ai passé que quelques heures dans ma vie mais elles m’ont marquée en profondeur.
Alors évidemment j’ai mis un commentaire, pour faire un peu la maligne, dire que j’y étais et bien sûr René m’a proposé d’écrire un texte et j’ai forcément accepté parce qu’on soutient les médiathèques, surtout quand elles sont voisines et parce que j’étais curieuse de me replonger dans ces folles années, voir ce qu’il restait de cette anecdote.
Il faut ce genre d’occasion pour que je visite mon passé, ce n’est pas dans mes habitudes, le présent me prend toute entière. Je l’ai fait avec plaisir, me souvenir de cette insouciance, mais en même temps c’était un autre siècle, un autre millénaire, sous bien des aspects presqu’une autre personne.
Alors cela laisse une sensation bizarre, comme une promenade sur la frontière entre le réel et l’irréel.
Et en y repensant, cette sensation représente tout à fait ce qu’était ce lieu.
On va filer vers la frontière et la passer…

Le texte est par ICI