Journal aléatoire saison 8

17/10/19

 

Avec de grands gestes, elle expliquait qu’il y a les écrivains de la faille et ceux de la force, mais qu’ils font tous le même métier, que cela revient au même parce que la faille est la force, et peut-être même vice-versa.
Personne ne mouftait sur le plateau.

16/10/19

 

En quelques jours
le Royaume vire aux rouges, aux orangés
On dirait que des fauves courent dans la vallée

15/10/19

 

Écrire sur ces silhouettes noires
ces fantômes de femmes dans la lumière crue
des pays en guerre

14/10/19

 

D’étourneaux peut-être
une escouade d’oiseaux
file dans le vent

12/10/19

 

La fillette et le poème


« Le poème, qu’est-ce que c’est ?
M’a demandé une fillette :
Des pluies lissant leurs longues tresses,
Le ciel frappant à mes volets,
Un pommier tout seul dans un champ
Comme une cage de plein vent,
Le visage triste et lassé
D’une lune blanche et glacée,
Un vol d’oiseaux en liberté,
Une odeur, un cri, une clé ? » lire plus…

11/10/19

 

A la fin,
toutes les feuilles tourbillonnent.

10/10/19

 

Ciel et verdure à perte de vue
une pensée soudain pour un ami
que lui revienne la santé
lui faire livrer sur le champ
le plus possible de la belle lumière

9/10/19

 

#Aucomptoir

Oh lui, il est pas bien, il fait de l’auto-collapsologie !

8/10/19

 

Quand se pointe l’impression
que ça ne tourne pas bien rond
dans la tête ou sur la planète
ne pas perdre de vue
qu’arrive (presque) toujours
un autre jour

7/10/19

 

Faites toujours et seulement ce qui vous ressource et vous convient, à votre rythme.

J’aime bien l’esprit.

279 – Dimanche – Lcep 2/6

Précédemment Partie 1Partie 2

6

Le temps qui suit

 

 

Des papillons s’envolent sous les pas
il y a toujours du vent dans nos cheveux
même les weekends et les jours fériés

 

 

        Cela me manquera, je le sais. Vivre dans la nature. En caravane, on habite à moitié dehors, en prise directe avec le temps qu’il fait. On adapte les occupations. On s’intéresse aux nuances du moment, au froid, au chaud, au vent. Ça donne propension à la contemplation. lire plus…

5/10/19

 

Un enfant se tient immobile.
Il tient une bouteille dans ses mains.
Il y a un bateau dans la bouteille.
Il le regarde sans cligner
des yeux.
Il se demande où le petit bateau
peut naviguer s’il est retenu
prisonnier dans la bouteille.
Dans cinquante ans tu le sauras,
Captain Martin,
car la mer (vaste comme elle est)
n’est qu’une autre bouteille.


[Richard Brautigan in C’est tout ce que j’ai à déclarer]

4/10/19

 

Il arrive qu’un mot, saisi à la volée
séduise l’oreille et l’esprit dans un même mouvement
Diaprure

3/10/19

 

Pas un accroc
pas une nuance
d’un seul tenant
le bleu, le ciel
nickels

2/10/19

 

Parfois faire un pas en arrière
regarder ce que l’on dit
avec les yeux de nos jeunes années
On ne reconnaît rien

Tu peux m’envoyer la méditation en mp3 sur whatsapp ?

1/10/19

 

Le grand danger, fillette,
ce sont les certitudes.

30/9/19

 

Dans le dossier des facéties

L’ami commande un de mes livres sur Internet –
d’occasion comme neuf, quelques euros gagnés.
Le livre arrive chez lui, à Berlin.
Il vient passer ici, en Provence, un week-end en famille.
Il me montre le livre. lire plus…

28/9/19

 

Et je dis aux Femmes trois choses
– votre indépendance économique est la clé de votre libération. Ne laissez rien passer dans les gestes, le langage, les situations qui attentent à votre dignité. Ne vous résignez jamais.

[Gisèle Halimi in Journal Le Monde 22/09/2019]

27/9/19

 

L’équinoxe passé
la nuit cherche la chaleur
Les marcassins mangent les raisins

26/9/19

 

Voilà ce qui arrive
dans un monde sans fumeurs
on n’a pas de feu
pour allumer le gâteau d’anniversaire

25/9/19

 

Remercier la plus vieille dame
bien mise
croisée l’autre jour dans les rues de Gordes
Avec son sage t-shirt ACDC
et ses baskets dorées
elle m’a rappelée
l’importance de vivre sa vérité

24/9/19

 

L’odeur du sous-bois
le lendemain de la pluie
La dentelle du soleil
à travers les grands pins

23/9/19

 

Un dimanche après-midi
à jouer aux cartes
cinq jeunes hommes
à mes yeux
des gamins
pour toujours

21/9/19

 

Elsa Platte avait toujours été sensible à ce ton des conversations familières, conjugales et quotidiennes, qui n’ont rien de palpitant ou de passionnant, mais qui sont la matière du lien. Car toute chose dite à l’autre, livrée, ou offerte comme un cadeau, comme son envie de partager, ne sert qu’à le tisser. Oui, nos amours autant que nos amitiés étaient des tresses de mots, comme ces épaisses cordes lisses le long desquelles on doit grimper enfant à l’école.

[Alice Ferney in Paradis conjugal – Albin Michel]

20/9/19

 

On l’a tous vu
dans le Vercors
sauter à l’élastique

19/9/19

 

Dans la lune
se trouve une magie
à son image

18/9/19

 

Parler c’est écrire sans correction
ce doit être juste dès le premier jet
Sentir, parler sans les mots
ne laisse aucune alternative

Bonus